| Auteurs: Sarah Buschmann et Morgane Stankiewiez Editions: Livr'S Editions, 2026 Nombre de pages: 300 Quatrième de couverture: Chine, 2015. Deux âmes perdues, un père et sa fille, se retrouvent après des années d’absence pour des funérailles. Celles de la mère. Celles qui rouvrent les plaies d’un passé que tous deux auraient préféré oublier… Un thriller asiatique sombre et cruel, sur fond de secte, livré par deux autrices amoureuses des ténèbres… Remerciements: Je tiens à remercier chaleureusement Livr'S Editions pour cette découverte. |
Ce livre m’a tout de suite fait de l’œil. Il faut dire que la couverture est très attirante et la quatrième de couverture n’a fait qu’attiser davantage ma curiosité. C’est donc avec une certaine impatience que j’ai entamé ma lecture et j’ai tout de suite été plongée dans la noirceur de l’œuvre, une noirceur qui fascine autant qu’elle terrifie.
Les autrices nous emmènent au cœur de la Chine et de sa politique de l’enfant unique. Alors que sa femme met au monde une fille, la pire chose qui soit, Cheng doit prendre une décision, une décision définitive, radicale, sans état d’âme. Sauf que Cheng n’est pas ce genre de personne et qu’il est faible aux dires de son entourage et qu’il amènera encore plus de déshonneur avec des choix qui lui sont propres et qui vont transformer sa vie à jamais.
Cheng, c’est le genre de personnage qui ne peut pas laisser indifférent. Son mal-être nous foudroie, nous colle à la peau, nous baigne dans une noirceur poisseuse dont on peine à se défaire, tout comme lui. Et pourtant… Pourtant, nous sommes vraiment touchés par le vécu de cet homme qui n’est plus qu’une loque tellement il n’arrive plus à faire face à sa culpabilité, ses échecs et tout ce qui s’est effondré autour de lui alors que tout le monde attendait beaucoup plus de lui.
Son vécu est vraiment atroce, car même les moments où il a su prendre les bonnes décisions, faire les bons choix et essayer de changer les choses se sont retournés contre lui pour ne le rendre que plus faible, couard, et être d’autant plus dénigré par ses proches.
A l’opposé, sa fille Zhaodi qui a vécu aussi bien des atrocités, est devenue forte et n’aime pas ce père qui n’est devenu qu’un déchet pour elle et qu’elle juge être la cause de beaucoup choses dans sa vie. Leurs retrouvailles ne vont donc pas être de tout repos et amener quelques étincelles, tout en les conduisant sur une route qui pourrait bien leur coûter cher… Mais ont-ils vraiment encore quelque chose à perdre ?
J’ai aussi été touchée par Zhaodi, surtout quand nous comprenons ce qui lui est arrivé et les événements qu’elle a vécus. Mais en même temps, elle est aussi très intransigeante par moment, ce qui a éveillé chez moi des sentiments quelque peu ambivalents à son égard. Et c’est là une des forces de ce roman : ici personne n’est tout blanc ou tout noir. Tout le monde est d’un beau gris, mais bien foncé quand même…
Vous l’aurez compris, si vous souhaitez un livre détente, joyeux et qui vous mette du baume au cœur, passez votre chemin. Ce livre n’est à conseiller qu’aux personnes averties tant par les thèmes abordés qui sont vraiment très sombres et à déconseiller aux âmes sensibles, que par la noirceur des personnages qui en refroidiront plus d’un.
Personnellement, j’ai été totalement happée par cette histoire et je n’ai plus réussi à m’en défaire avant d’avoir tourné la dernière page. Et même après, je sentais encore son ambiance poisseuse me coller à la peau. Les autrices ne nous épargnent vraiment rien et nous proposent un fil rouge qui est dur, sans fioriture, totalement brut tant au niveau des attitudes que des sentiments des personnages.
Ce fut une réelle découverte pour moi autant qu’un coup de massue. Cette histoire possède une force et une puissance rare dans sa noirceur, de quoi nous donner envie d’en apprendre toujours plus, tout en craignant constamment les nouvelles révélations qui, nous le savons, risquent toujours d’être pires que les précédentes !