| Auteur: Yalorisha Virginie Lamien Editions: Mindset, 2021 Nombre de pages: 154 Résumé: Namata, là où tout commence est un récit bouleversant à deux voix qui entrelace passé et présent, Afrique et Occident, mémoire collective et quête spirituelle personnelle. Partie 1 - Le récit de Namata : Une femme africaine arrachée à son village au XVIIIe siècle nous raconte sa déportation, la traversée dans les cales d'un bateau négrier, puis sa vie réduite en esclavage au Brésil. Malgré l'horreur, Namata témoigne de la résilience humaine : comment les esclaves ont survécu en préservant leurs traditions spirituelles, leurs cultes ancestraux, donnant naissance au candomblé brésilien. Son récit, empreint d'une humanité profonde, dépasse le manichéisme pour révéler la complexité des relations humaines même dans l'abjection. Partie 2 - Le parcours de Virginie : Française née en 1983, Virginie traverse épreuves familiales et crises existentielles avant qu'un appel mystérieux ne la conduise au Brésil, puis en Afrique. Initiée au candomblé, elle devient yalorisha (prêtresse) et épouse Niessan, un Burkinabé. Son cheminement la reconnecte aux mémoires de l'esclavage et aux cultes ancestraux africains. Ce livre-témoignage explore la transmission transgénérationnelle des traumatismes, la puissance des spiritualités afro-descendantes (vaudou, candomblé, umbanda), et propose une voie de réconciliation mémorielle. Virginie Lamien nous invite à honorer nos ancêtres, à dépasser nos certitudes occidentales, et à reconnaître l'universalité du culte des Ancêtres comme chemin de guérison collective. Remerciements: Je tiens à remercier chaleureusement l'autrice pour cette découverte. |
Quand l’autrice m’a proposé de découvrir son roman, j’ai tout de suite été attirée par la couverture et par la quatrième de couverture. Elles m’ont donné envie de plonger dans ces deux destins et de partir à la rencontre de ces deux femmes au gré de leurs aventures. Et je dois dire que j’ai été totalement emportée par le récit conté par l’autrice.
Nous faisons la connaissance de Namata, une femme qui vivait une vie sans histoire dans son village jusqu’à ce qu’elle soit emportée loin des siens et qu’elle se retrouve esclave au Brésil. Nous allons suivre la traversée compliquée de l’océan et la découverte de sa nouvelle vie en tant qu’esclave.
Difficile de ne pas être touchée par cette femme et par les gens qu’elle va croiser. L’autrice nous fait vivre son voyage de l’intérieur, ce qui nous fait passer par toutes les émotions et nous rend très proches de Namata et de son vécu. Si elle a la chance de tomber chez des propriétaires qui ont une vision plus progressiste, cela ne facilite pas pour autant cette nouvelle vie, même si elle est moins pire que pour d’autres.
Sa vie va prendre un tournant qu’elle ne va plus maitriser dès lors qu’elle rejoindra ce lieu, mais elle va se montrer forte et digne, malgré la dureté des événements qu’elle va vivre. Aux côtés des autres personnes travaillant pour ces propriétaires, nous allons découvrir leur besoin de préserver leur héritage, leurs origines et ce qui fait d’eux ce qu’ils sont.
Sans oublier l’horreur dans laquelle ils se trouvent, nous ne pouvons qu’être portés par leur envie de maintenir leurs traditions et de faire vivre leur culture. J’ai donc été très touchée par cette partie de l’histoire et par les faits qui nous sont montrés. C’était intense de plonger dans ce récit profondément humain.
Mais Namata n’est pas la seule femme que nous allons rencontrer. Il y a aussi Virginie. Cette dernière, après différentes difficultés dans sa vie, va se rendre au Brésil puis en Afrique. Elle va alors suivre sa propre voie et devenir yalorisha. A travers elle, nous allons plonger dans la puissance de la spiritualité et le roman va prendre alors une autre tournure, tout aussi forte et bouleversante.
J’ai vraiment été touchée par ces deux femmes qui se retrouvent liées alors que tout semblait les séparer. C’est une lecture marquante qui nous bouleverse et nous transcende. J’ai aimé découvrir ces deux parcours et plonger dans la quête de Virginie grâce à qui j’ai appris beaucoup de choses passionnantes.
C’est un roman empreint de spiritualité, d’élévation et de quête de soi. L’autrice nous pousse à nous interroger sur les transmissions faites par nos ancêtres tant des bonnes choses que des traumatismes, tout en nous rappelant l’importance de les honorer et la guérison qu’ils peuvent nous apporter.
D’ailleurs, j’ai été très intéressée par la thérapie des constellations familiales qui est évoquée. Cela m’a beaucoup interpellée et je vais m’y intéresser de plus près.