Et du coup… ben… j’ai bien fait de ne pas aller au cinéma. En fait, l’idée de base du film est tout bonnement excellente. Suivre la vie de la famille Höss qui habite juste à côté du camp d’Auschwitz, c’est parler de cette sombre période de façon différente et, sous certains aspects, presque encore plus glaçant.
Car ici, tout est suggéré, rien n’est montré. Vous voyez le camp aux portes du jardin, mais vous n’y mettez pas les pieds. Vous voyez quelques fois des prisonniers, mais cela passe vite à autre chose. Vous entendez parler des fours crématoires lors d’une séance, mais vous ne verrez que la fumée de la cheminée.
C’est très subtil, mais c’est tout aussi poignant. Avec ce film, c’est la suggestion et vos sens qui sont travaillés. Car tout au long du film, vous aurez l’impression d’être dans le camps sans y être, avec les bruits qui viennent du camp et qui vous rappellent tout ce qui est en train de se passer une fois le portail du jardin passé. C’est fort, c’est puissant, tout comme les images que le réalisateur nous propose à travers une fenêtre ou depuis le jardin.
Pour moi, cela a été vraiment une expérience sensorielle intense et pour cela, le film vaut la peine d’être découvert et il m’aura bien marquée. Mais pour l’histoire en elle-même… Le tout est long, peu intéressant, car suivre cette famille au quotidien, c’est loin d’être palpitant. Donc au final, je n’ai pas suivi plus que cela ce qui leur arrivait ni été touchée par leur vie.
Mais certaines scènes resteront gravées dans ma mémoire par leur puissance suggestive sans rien montrer. Et pour cela, je dis chapeau bas au réalisateur !


